Bertrand THOMASSIN

Talent et imagination pour une comédie humaine 

 

La comédie humaine

C'est le petit cirque de nos vies. S'y côtoient bagnards et écuyères, matelots en goguette et pêcheurs au filet, starlettes pour paparazzi en mal de clichés et piteuses vedettes de music-hall adeptes du play-back , sans compter quelques chiens rouges et un grand cheval rosé. Avec trois fois rien (des débris de bois mal dégrossis, des rouleaux de fil de fer et un peu de peinture acrylique), Bertrand THOMASSIN construit des sculptures miniatures aux couleurs vives et gaies, qui racontent, avec un air de na pas y toucher, notre comédie humaine.

Collés, cloués, recouverts d'une copieuse couche de peinture rutilante, ces assemblages de bouts de bois constituent une population de bonshommes et bonnes femmes drolatiques aux gesticulations pataudes et saccadés, entourés de grues, d'autos et de caddies de supermarché, C'est l'imaginaire de l'enfance, mais revisité par la dextérité de l'art adulte. Cet univers ludique, fait de truculence et de fraîcheur, préfère . de beaucoup le clinquant des couleurs (vert, orange, jaune, : bleu et violet) aux conventions normatives de la représentation; notre sculpteur normand se soucie par exemple comme d'une guigne du respect de l'échelle et des proportions, Fantaisiste certes, l'oeuvre de THOMASSIN n'en développe pas moins une discrète conscience sociale. De ce point de vue, le titre de la sculpture sort souvent cette dernière de son seul registre comique : L'Enfance a la traîne, Faims de mois. difficiles ou encore Mais qui tire les ficelles, L'artiste est un : candide plus roué qu'il n'y paraît, Tandis que tourne le manège de l'existence, lequel va pépère son drôle de chemin, trois grands bâtons (silhouettes à l'allure empruntée et aux bras ballants) attendent l'autobus,,,

texte par Jean-Louis Roux